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  • Bonnefantenmuseum Maastricht - Pour bien finir l'année

     Walldrawing #801 : Spiral, 1996

    Sol LeWitt

    schlomoff,lewitt,bonnefantmuseum

    Dans l'ultime exposition d'Alexander van Grevenstein :

    Sol LeWitt

    Robert Mangold

    Bruce Nauman

    Richard Serra


    more info :

    http://www.bonnefanten.nl/nl/collectie/actuele_presentaties/spiral_sol_lewitt

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  • No comment*

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    * Pour ceux qui ne parlent pas hollandais (comme moi), voici l'explication de ce jeu de mots que je me suis permis de commettre en réaction des 200 M€ (sur 900 M€) de coupes dans le budget de la CULTURE (écrit en capital avant qu'il ne reste plus rien). Le jeu de mot est entre le mot KUNST = Art & KUT = Chatte, dans le sens sexuel, mais sorti de ce contexte, utilisé dans un langage spontané "kut" devient vulgaire & insultant, une sorte de "Fuck"...

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  • www.publie.net Schlomoff/Arnaudet

      A découvrir, le site de l'écrivain François Bon : www.publie.net
    Vous pouvez télécharger légalement de la littérature en ligne, à tout petit prix...
     
     
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    "Les rideaux de la bibliothèque Carnegie de Reims" - Rideau 1/8 - ©schlomoff 2001. 

     
     
    Schlomoff & Arnaudet | Rideaux de Carnegie
    écriture et photographie d’un même geste
      

    La question qui nous est posée à tous, avec le nouveau media, est double :
    - compte tenu que tout est possible, voix, son et image fixe et animée, comment faire que l’intervention naisse d’emblée à cet endroit où chaque vecteur interroge les autres ?
    - l’écriture ne change pas, pas plus que change la vieille écritoire en se faisant écran : ce qui change, c’est qu’elle est traversée du monde à l’endroit même où nous écrivons, que c’est l’endroit par lequel aussi nous documentons et interrogeons le monde, la mémoire.

    Je suis heureux d’accueillir ici Jérôme Schlomoff et Didier Arnaudet parce qu’il s’agit bien de cela tout ensemble : - il s’agit d’un lieu de mémoire du livre, de ce qu’il porte d’universel, la bibliothèque Carnegie de Reims, construite de 1921 à 1928. Lors de sa récente rénovation, en 2001, commande est faite à Jérôme Schlomoff, photographe, d’un film attestant pour lui de cette présence architecturale, et comment liée à la pensée, l’étude, la mémoire. Jérôme répond par un film sténopé tourné dans les magasins et les réserves. Jérôme Schlomoff a constamment sur lui un appareil Rolleiflex de 1947, il travaille dans le bâtiment à ce lien entre lumière et espace, il en trouve la matière, le dépôt ou l’inscription dans les rideaux d’origine, leur usure, leurs déchirures, l’abstraction par quoi ils semblent s’être modelés sur le bâtiment.
    - il s’agit de mettre ici en circulation, parce que la bibliothèque nous concerne tous, un document d’artiste rare, mais le format numérique nous permet d’y accéder comme si nous le tenions en main, alors que l’édition d’art ne saurait envisager cette diffusion large...

    Dider Arnaudet (lire Glissements, effacements sur remue.net) est lui aussi à la croisée de sa discipline, l’écriture, et de l’architecture. Il est publié aux éditions Le bleu du ciel, voir en particulier ses Exercices d’équilibre.

    La mise en page photographie et textes est des auteurs eux-mêmes, et si Jérôme Schlomoff appelle ses productions éditions de l’Impatience, ne pas hésiter à y voir marque de fraternité... On peut évidemment visiter en détail le blog label Impatience qu’il tient depuis Amsterdam, ou sur tiers livre, préparation à son film New York Zero Zero, notre dernier opus commun : Hoboken plan fixe.

    Il était important pour moi que Schlomoff nous rejoigne rapidement sur publie.net, et merci à lui, par ce biais, de nous amener Didier Arnaudet !

    Les rideaux de la bibliothèque Carnegie, version PDF du portfolio réalisé en 2001, tirages sur papier gélatino bromure support baryté au format 24 x 30, 8 photographies de Jérôme Schlomoff, accompagnées de 8 textes de Didier Arnaudet.

    F.Bon. 

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  • PHOTOJOURNAL (sans image autre que les mots)

    201206 Amsterdam

    « La lumière s’est finalement éteinte toute seule »

    Comme ce néon que j’ai laissé en veille s’éteindre progressivement, après en avoir coupé l’alimentation, en quittant la salle du Karel Appel hier au Stedlijk (lire photojournal note suivante).

    Comme une bougie qui se consume lentement en pareil veillé des morts, là où je fais le deuil des images perdues hier.

    Comme ce néon en sursit, la lumière s’est finalement éteinte toute seule aujourd’hui.

    Comme en signe de deuil, elle s’est vêtue de gris toute la journée. D’un gris le plus triste.

    Comme pour se faire pardonner l’arrogance de cette armée de photons qui a envahi le corps de ma caméra sous cette éclatante lumière de la veille.

    Il ne fait pas beau aujourd’hui. Je ne filme pas non plus.

    Seule petite éclaircie dans cette journée plombée et sans lumière, comme un bon présage, je croise sur Haarlemmerdijk un homme à vélo qui convoi avec précaution une galette cinéma de 600 mètres au moins, à en juger le diamètre de la vielle sacoche ronde en cuire avec les habituelles lanières qui se croisent pour fermer. La copie 35 mm voyage à plat sur guidon entre ces mains, comme s’il conduisait un camion avec volant à plat.

    Cette vision me redonne le moral…

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  • PHOTOJOURNAL (sans image autre que les mots)

    191206 : Note de tournage du film « Amsterdam reconstruction » sur le chantier du Stedelijk Museum Amsterdam.


    « Terrible destruction de l’image, aussi, par la lumière. »

    Terribles, les vibrations du marteau piqueur dans mon dos. Je viens juste d’arriver sur le chantier de démolition du Stedelijk Museum Amsterdam. Il fait un temps à très haute acuité, ciel transpercé au bleu, grand soleil, l’air est vide de toutes particules, même si quelques nuages se pavanent à basse altitude comme autant de réflecteurs oblongs, Les ombres sont nettes.

    Louise Wijnberg (responsable du laboratoire de restauration peinture du Sdedelijk) est présente à mon arrivée. C’est grâce à elle que j’ai la possibilité de venir filmer le chantier quand je veux. Aujourd’hui, elle fait sa visite hebdomadaire pour contrôler l’état de la fresque de Karel Appel contenue dans une toute petite salle, hermétiquement close pour rester isoler du reste du monde pendant toute la durée du chantier de démolition et de reconstruction. C’est curieux cette idée que ce musée soit entièrement démoli de l’intérieur, tout en préservant intacte cette si petite pièce au centre, pour tout reconstruire ensuite autour de ce minuscule centre intact… Idée que le musée soit reconstruit autour de cette œuvre de Karel Appel, comme un joyau recevant son nouvel écrin, belle idée…

    Je reviens à l’accident. Tout en discutant avec Louise dans la grande salle du rez-de-chaussée complètement désossée, je mets en place ma caméra pour filmer un chariot qui se trouve là exposé à la lumière frisante du soleil montant, un projecteur de chantier fait face à la caméra au second plan, derrière le chariot. La lumière qui s’engouffre par les hautes ouvertures, donnant sur Museumplein, change vite, je m’empresse d’entamer un premier plan quand, soudain, la dalle de béton fait sauter en l’air de quelques centimètres la caméra. Je me retourne pour aller voir ce qui se passe dehors. Une énorme tractopelle armée, au bout de son bras en acier, d’un gros marteau piqueur est en train d’attaquer la dalle à l’extérieure. Chaque morsure de l’acier dans le béton est une secousse violente dans tout le bâtiment.

    Je décide d’interrompre le plan sur le chariot pour venir filmer cette destruction, d’autant que je spécule sur l’effet d’image tremblante que je peux obtenir, si je filme au rythme des vibrations qui secouent la dalle où j’ai placé la caméra. Je sais qu’avec cette petite seconde de temps de pose pour chaque image, les vibrations transmises à la caméra qui sautille sur elle-même à la cadence du marteau piqueur traduira de la violence des coups portés à l’image.

    Mais voilà, que tout se fendille, tout craque, à chaque attaque la dalle se soulève comme une feuille de papier puis retombe en poussière. Je maintiens la caméra pour l’aider à se reposer au sol, à peu près au même endroit, après chaque secousse. Et j’enchaîne en comptant les secondes, j’ouvre l’obturateur, je le ferme, j’avance le film etc… Louis et en retrait sur ma droite, elle fait des photos de la scène.

    Puis, l’enchaînement des secousses se fait plus rapide et plus violent. La dalle vient de se déchirer sur toute sa longueur, juste là, à cinq mètres de la caméra. Je reste concentré sur le risque d’effondrement de la caméra et de moi avec les gravas. Mais la caméra s’en fiche, elle danse tressautant sur ces trois pieds, et moi je filme, quoi qu’il arrive…

    Soudain, la catastrophe. Ma main droite recueille dans son creux le capot de la caméra. Et le temps de la compréhension est long à ce moment précis. Comprendre que la violence et la répétition des vibrations auxquelles la caméra est soumise depuis un quart d’heure a fini par avoir raison du loquet de verrouillage du capot de la caméra. C’est très long le bref instant qu’il vous faut pour vous persuader que le compartiment film de la caméra est bien ouvert, et que les trente mètres de film profitent aussi du beau temps et de cette si belle lumière hollandaise en hiver…

    Dans ces moments là, il faut pouvoir contrôler les émotions. Il faut surtout savoir les classer selon l’urgence. Ça veut dire évacuer l’émotion qui vous terrasse en pensant immédiatement à tout ce qu’on vient de perdre de travail et de poésie, ravagé par la lumière, car la priorité est de convoquer toutes le émotions pour canaliser son énergie à refermer d’urgence le capot, comme si de rien n’était… Surtout, comme si de rien n’était, car l’idée que cet accident puisse ne rien avoir gâcher vous aide à viser juste au moment où le capot doit s’enclencher au plus vite, dans la cornière en « U » du corps de la caméra, permettant l’étanchéité et la fermeture du loquet de verrouillage…

    C’est après qu’on a tout le temps de s’inventer des histoires pour lutter contre les remords qui vous assaillent, et je passe les détails la liste en serait trop longue… Juste j’imagine que dans ces conditions particulières, il se peut que le voile de lumière n’ai affecté qu’une tranche du film, créant au pire une zone surexposée seulement d’un côté de l’image. Et je me dis que peut-être cet accident sera utilisable dans le film. Une fois de plus je suis dans l’attente et le doute de l’expérimentation.

    Le comble dans cette histoire, c’est que Louise Wijnberg soit venue ce jour même, pour placer dans la salle de Karel Appel des détecteurs de vibration pour contrôler que les travaux de démolition ne nuissent pas trop à la fresque… Et c’est dans cette même petite salle, comme dans une crypte, que je me suis réfugié pour aller décharger ma caméra du film voilé à cause des vibrations. Je n’avais pas d’autre lieu pour déballer, sur une table propre, mon manchon pour cette manœuvre. Et je me suis retrouvé seul, entouré pourtant des personnages hauts en couleur de Karel Appel et d’appareils à mesurer l’humidité, la température et les vibrations, dans cette crypte propice au recueillement. Les deux bras enfoncés dans le manchon à manipuler à l’aveugle ce film, et de penser à toutes ces images entre mes doigts que j’ai filmé depuis le 11 octobre 2006 jusqu’à aujourd’hui, aurais-je la force d’en dresser la liste ici ? Peut-être pas de suite, la béance de la lumière est encore trop forte en ma mémoire. Mentalement je me refuse au souvenir, ça me fait trop mal. C’est comme un cambriolage, c’est avec le recul du temps qu’on se souvient de ce qui manque, et c’est à rebours que ça vient méchamment heurter la mémoire.

    Non, je ne veux pas me souvenir de ma mémoire. Contrairement à Alexandre Bertrand l’énigmatique poète sans abri rencontré, avec François Bon pour « La douceur dans l’abîme », à Nancy il y a huit ans. Il avait commencé par nous dire (après un long refus d’écriture) la chose suivante : « Je vais me souvenir de ma mémoire. » Et bien moi je préfère ne pas trop me souvenir de ma mémoire… Juste je me souviens des dernières recommandations de Louise pour tout éteindre avant de partir et de cadenasser la porte. Plus particulièrement, de son attention à prendre soin de me prévenir de ne pas m’inquiéter si au moment où je débrancherai la prise d’alimentation du bloc d’éclairage celui-ci restait encore allumé. C’est normal pour ces éclairages à condensateur, ils accumulent l’énergie et continus à alimenter, plus faiblement, les tubes fluorescents lorsque que le courant est coupé. C’est une sécurité en cas de coupure, on ne reste pas plongé dans le noir de suite. Et moi je repense à toute cette énergie que sont les photons, et que ma caméra a accumulé, et quelle sera l’étendue des dégâts après une telle illumination. Comme ce néon qui refuse de s’éteindre, je vois les photons qui se propagent au cœur de l’émulsion pénétrant les couches les plus à l’abri de la lumière, par la tranche de la bobine alors que le capot est à présent bien refermé… Ironie du sort ?

    En refermant la porte je laissais donc ce néon se consumer graduellement avant de replonger la fresque dans l’obscurité de la crypte salvatrice, et je suis allé filmer un très long travelling dans une donne moitié du musée au 2ème étage, comme pour me donner autre chose à penser…

    Heureusement qu’ils étaient là les bonshommes de Karel appel avec leur sourire et leur bonne humeur pour me consoler de toute cette démolition de l’image, aussi, par la lumière.

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